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Bienvenue à toutes et à tous,

Je suis psychologue clinicienne diplômée de l’université Paris-Diderot (Paris VII) et psychothérapeute. Après avoir travaillé plusieurs années en institution (HDJ de Fontenay-aux-roses, CMPP de Boulogne-Billancourt), j’exerce désormais mon métier en libéral à Paris et à Avignon.

Toute mon approche part d’une conviction profonde : nous sommes plus que ce que nous avons spontanément conscience d’être. Il y a la partie de nous qui s’exprime dans le monde mais il y a aussi « une partie de nous enraciné dans une Réalité plus profonde » [1]. J’aime reprendre à ce sujet la distinction que fait Bergson entre le moi social et le moi profond, celle de Karlfried Graf Dürckheim entre l’être existentiel et l’être essentiel, ou celle de l’hindouisme entre le moi et le Soi.

Bon nombre de nos souffrances, de nos frustrations, de nos insatisfactions proviennent d’un décalage, d’une rupture, d’une déliaison, entre notre être existentiel et notre être essentiel. Nous sommes souvent amenés dans la vie à faire nos choix dans le souci de répondre aux exigences du monde (celle de nos proches, de notre société, de notre temps) plus que dans l’écoute de ce que nous dicte notre cœur. C’est là que l’écart commence à se creuser… Tout l’enjeu, pour vivre en harmonie à la fois avec nous-mêmes et avec ce qui nous entoure est donc de trouver une relation symbiotique entre notre moi social et notre moi profond. Que les intérêts de l’un ne desservent pas les intérêts de l’autre mais que chacun participe pleinement et conjointement à notre accomplissement en tant que personne totale.

Mais il y a aussi d’autres souffrances, celles occasionnées par les évènements douloureux de la vie : les deuils, les maladies, les violences et les négligences subies, etc. Bien souvent la douleur accable et nous ne savons plus comment sortir de notre tourment. Mais comme le poète Holderlin, je pense que « là où croît le péril croît aussi ce qui sauve ». L’adversité peut réveiller en nous des forces insoupçonnées et aiguiser notre conscience des choses essentielles.

Ainsi, les moments pénibles de notre existence, des grands drames aux petits problèmes circonstanciels, peuvent être aussi de grandes opportunités. Ils peuvent nous offrir l’occasion d’un véritable rendez-vous avec nous-mêmes. Ils nous reconduisent vers les grandes questions existentielles qui, de tout temps, ont animé le coeur des hommes.

Derrière le patient, n’ y a -t-il pas un aspirant qui s’ignore ? Le premier souffre, l’autre envoie son souffle. « Derrière tous les cris du Moi, n’y a-t-il pas l’appel du Soi » [2] ? « Les gens que je rencontre ne sont pas des malades. Ce sont des hommes, des femmes qui se cherchent eux-mêmes, qui cherchent ce qu’ils sont en vérité » expliquait Karlfried Graf Dürckheim. Ce que la psychologie ou la psychanalyse interprète ordinairement comme névrose ou comme pathologies, donc de façon négative, ne pourrait-il pas signifier plutôt l’appel d’une intériorité qui cherche à éclore ?

Selon moi, le travail de la thérapie consiste dès lors à s’ouvrir à sa profondeur, à se mettre à l’écoute de son être essentiel afin de construire une vie en accord avec ses aspirations profondes. Afin de devenir ce que l’on est, d’accomplir notre singularité, non seulement pour notre épanouissement propre mais aussi pour mettre pleinement « notre petite vie au service de la grande Vie »[3] ! Ainsi le chemin de la connaissance de soi ouvre la possibilité de mettre le meilleur de soi au service de tous.


[1] Dürckheim K.G., L’esprit guide
[2] Formule que je dois à Abdennour Bidar
[3] Dürckheim K.G., Le centre de l’être